Des monstres d'infinie solitude
Lionel Damei danse ses mots. Sylvie Guillermin chante ses gestes.
La rencontre entre les deux était évidente. Elle devait avoir lieu.
Dix ans après l'aventure de L'Homme Traversé, ils ont décidé d'unir à nouveau leurs univers, leurs visions pour une nouvelle création voix-danse intitulée Des monstres d'infinie solitude.
Le duo devient trio, avec l’arrivée du danseur Smain Boucetta, Muriel Vernet en assure la mise en scène et la partition musicale est composée et interprétée par les musiciens de Lionel Damei – Philippe Codecco au piano, Guillaume Saurel au violoncelle, Claude Duverney-Prêt à la guitare et Julien Trapani aux percussions.
Des mots qui dansent
S’enrichissant mutuellement de leurs expériences et de leurs arts, les trois interprètes incarneront avec leurs moyens d’expression propres – écriture, chant, chorégraphie ou mouvement – cet angélisme contrarié qu’on appelle monstruosité.
Pour l’homme, cet être solitaire, solaire, lunaire, caché, la seule perspective est de revêtir un habit de lumière, de faire de sa monstruosité un mouvement vers l’autre.
Pour l’artiste, l’acte même de transformer la réalité en une matière sonore, visuelle, esthétique est en soi un premier pas vers la monstruosité, la surdimension.
Etre sur scène, c’est quitter le réel pour se faire plus grand, plus fort, plus visible, plus audible.
Mais tous les efforts déployés « pour s’extraire du tas », les appétits de vivre et d’être, ne font-ils pas de nous de gentils anthropophages ?
Ce spectacle exposera dans une foire d’empoigne, voix et gestes mêlés, tous les monstres, tous nos monstres.